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Alcool au volant : combien de verres peut-on boire ?

Verre de vin avec clé de voiture

Deux verres standard au maximum avec un permis classique. Aucun avec un permis probatoire. Le code de la route plafonne l'alcoolémie à 0,5 g/L de sang, soit 0,25 mg/L d'air expiré, pour les conducteurs confirmés. Le seuil tombe à 0,2 g/L (0,10 mg/L d'air expiré) pour les jeunes permis, les élèves en conduite accompagnée et les conducteurs de bus ou d'autocar.

Chaque verre servi au comptoir fait grimper l'alcoolémie de 0,20 à 0,25 g/L. Le deuxième verre suffit à faire basculer une personne légère au-dessus de la limite. L'organisme élimine 0,10 à 0,15 g/L par heure. Aucune astuce n'accélère ce rythme.

Conducteur

Taux max (sang)

Air expiré

Verres tolérés

Permis classique

0,5 g/L

0,25 mg/L

1, parfois 2

Permis probatoire

0,2 g/L

0,10 mg/L

0

Élève en apprentissage

0,2 g/L

0,10 mg/L

0

Bus, autocar

0,2 g/L

0,10 mg/L

0

Poids lourd de marchandises

0,5 g/L

0,25 mg/L

1, parfois 2

Véhicule sous éthylotest anti-démarrage

0,2 g/L

0,10 mg/L

0

Comprendre ce qu'est un « verre standard » ?

Le décompte des verres repose sur une unité de mesure précise. Sans elle, la question du nombre de verres perd tout son sens.

10 grammes d'alcool pur par verre

Un verre standard contient 10 grammes d'éthanol pur. Un demi de bière à 5°, un ballon de vin de 10 cl à 12,5°, une dose de whisky de 3 cl à 40° : la quantité d'alcool reste identique. Les contenants des bars sont calibrés pour cette équivalence. La bière « légère » du comptoir relève de la légende.

Le calcul tient dans une formule simple : volume en centilitres × degré × 0,08 = grammes d'alcool pur.

Boisson

Volume servi

Degré

Alcool pur

Bière blonde

25 cl

10 g

Vin

10 cl

12,5°

10 g

Champagne

10 cl

12°

9,6 g

Pastis

2,5 cl

45°

9 g

Whisky

3 cl

40°

9,6 g

Porto

6 cl

20°

9,6 g

Le verre servi à la maison change la donne

Les repères du bar s'effondrent dès l'apéritif entre amis. Une pinte de 50 cl à 5° vaut deux verres standard. Une bouteille de vin de 75 cl à 12,5° en contient sept et demi. Le verre à whisky rempli à vue de nez dépasse largement la dose de 3 cl. Le décompte mental d'une soirée sous-estime presque toujours la réalité.

Permis classique

Le titulaire d'un permis hors période probatoire dispose de la marge la plus large du code de la route. Cette marge reste étroite.

0,5 g/L, une limite fixée depuis 1995

Le décret du 29 août 1995 a fixé le seuil contraventionnel à 0,5 gramme par litre de sang. La conversion vers l'air expiré s'obtient avec un facteur 2000 : 0,5 g/L de sang correspond à 0,25 mg/L d'air. L'éthylomètre des forces de l'ordre mesure l'air expiré. La prise de sang fait référence en cas de contestation.

Un verre, parfois deux, selon la personne

Le nombre de verres tolérés dépend du poids et du sexe. Deux profils courants illustrent l'écart.

Verres consommés

Homme de 80 kg

Femme de 60 kg

1 verre

0,18 g/L

0,28 g/L

2 verres

0,36 g/L

0,56 g/L

3 verres

0,54 g/L

0,83 g/L

Estimations calculées selon la formule de Widmark, à titre indicatif.

Une femme de 60 kg franchit la limite dès le deuxième verre. Un homme de 80 kg bascule au troisième. Le repas, la fatigue et certains médicaments déplacent encore ces valeurs. Le seul chiffre opposable reste celui de l'éthylomètre.

Les sanctions au-delà du seuil

Entre 0,5 et 0,8 g/L, l'infraction constitue une contravention de 4e classe : 135 € d'amende forfaitaire, 6 points retirés, suspension du permis jusqu'à trois ans. À partir de 0,8 g/L, ou en cas d'ivresse manifeste, le dossier bascule vers le délit. La loi du 9 juillet 2025 a durci ces peines : 3 ans d'emprisonnement et 9 000 € d'amende, avec suspension ou annulation du permis jusqu'à cinq ans.

Une suspension supérieure à un mois déclenche une visite médicale avant restitution du titre. Une annulation, une invalidation ou une suspension d'au moins six mois ajoutent des tests psychotechniques passés devant un psychologue agréé.

Permis probatoire

Le permis probatoire applique la tolérance la plus stricte du code de la route. Le seuil de 0,2 g/L équivaut à l'abstinence.

Qui relève de la période probatoire

La période probatoire dure trois ans après l'obtention du permis, deux ans pour un passage par la conduite accompagnée. Elle s'applique de nouveau aux conducteurs ayant repassé leur permis après une annulation ou une invalidation. Les élèves en apprentissage et les conducteurs soumis à un éthylotest anti-démarrage relèvent du même plafond.

0,2 g/L : zéro verre

L'organisme produit naturellement des traces infimes d'alcool. Le seuil de 0,2 g/L a été calé juste au-dessus de ce bruit de fond physiologique. Un simple demi place un conducteur de 70 kg autour de 0,20 g/L. Le premier verre déclenche l'infraction.

Six points, une seule infraction

Le permis probatoire démarre avec six points. Une alcoolémie contraventionnelle en retire six. Un conducteur encore au capital initial voit son titre invalidé sur-le-champ. L'interdiction de se représenter aux épreuves court pendant six mois. Visite médicale et tests psychotechniques conditionnent le retour derrière le volant.

Transport de personnes / poids lourds

Les professionnels de la route ne relèvent pas tous du même seuil. La confusion circule beaucoup, y compris dans les entreprises de transport.

Bus et autocars : 0,2 g/L depuis 2004

Le décret du 25 octobre 2004 a abaissé le seuil applicable aux conducteurs de véhicules de transport en commun à 0,2 g/L de sang, soit 0,10 mg/L d'air expiré. Le code de la route vise les catégories M2 et M3, soit les véhicules comportant plus de huit places assises hors siège conducteur. Autobus, autocars et véhicules de transport en commun d'enfants entrent dans ce périmètre.

Poids lourds de marchandises : 0,5 g/L

De nombreux sites annoncent 0,2 g/L pour tous les professionnels de la route. L'article R234-1 du code de la route dit autre chose. Le seuil réduit vise quatre catégories : le transport en commun de personnes, les permis probatoires, l'apprentissage et les véhicules équipés d'un éthylotest anti-démarrage. Un chauffeur de poids lourd affecté aux marchandises reste soumis au plafond de 0,5 g/L.

Le règlement intérieur d'une entreprise de transport peut imposer une tolérance zéro à ses conducteurs. Le manquement relève du droit du travail, pas du code de la route. Le transport de matières dangereuses obéit à des protocoles internes plus stricts encore.

Taxis, VTC et ambulances

Ces véhicules transportent des personnes sans appartenir à la catégorie transport en commun. Le plafond applicable reste 0,5 g/L, hors permis probatoire. La sanction professionnelle vient s'ajouter à la sanction pénale : une condamnation peut entraîner le retrait de la carte professionnelle.

Délais d'élimination de l'alcool

Le foie assure 90 à 95 % de l'élimination de l'alcool. Son rythme ne se négocie pas.

Le pic d'alcoolémie arrive après le dernier verre

L'alcool passe dans le sang par les parois de l'estomac et de l'intestin grêle. Le taux culmine 30 minutes après l'ingestion à jeun, une heure environ au cours d'un repas. Un contrôle effectué à la sortie du restaurant peut révéler une alcoolémie encore en hausse. L'éthylotest soufflé avant de partir perd toute valeur prédictive.

0,10 à 0,15 g/L par heure

La descente suit une pente régulière comprise entre 0,10 et 0,15 g/L par heure. Un seul verre standard réclame au moins une heure et demie pour disparaître.

Alcoolémie au pic

Retour sous 0,5 g/L

Retour sous 0,2 g/L

0,50 g/L

immédiat

2 h à 3 h

0,80 g/L

2 h à 3 h

4 h à 6 h

1,20 g/L

4 h 40 à 7 h

6 h 40 à 10 h

Fourchettes calculées sur une élimination de 0,15 g/L puis de 0,10 g/L par heure, hors temps d'absorption.

Le lendemain matin reste une zone à risque

Cinq verres portent l'alcoolémie autour de 1 g/L. Le retour sous 0,5 g/L réclame trois à cinq heures. Le passage sous 0,2 g/L demande cinq à huit heures. Une soirée qui s'étire décale ces horaires d'autant. Les contrôles matinaux attrapent chaque année des conducteurs convaincus d'avoir dessaoulé pendant leur nuit.

Les remèdes sans effet

Le café, la douche froide, l'aspirine, l'effort physique et les boissons énergisantes ne modifient pas l'alcoolémie. Ces recettes masquent parfois la fatigue, ce qui ajoute un facteur de risque au volant. Le temps agit seul sur le taux d'alcool.

Perrier Elise

Directrice Générale

Directrice Générale d'AAC Groupe, spécialisée dans l'audit des aptitudes et du comportement. Je dirige une équipe dédiée aux tests psychotechniques, bilans neuropsychologiques et évaluations pour les conducteurs, collectivités et entreprises à travers la France.

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