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Retrait de permis pour téléphone au volant : ce qui s'applique en 2026

Conducteur utilisant son téléphone au volant

Avoir téléphoné au volant, téléphone en main, coûte 135 euros d'amende et 3 points. Depuis peu, la sanction peut aller bien plus loin. Le préfet a désormais la possibilité de suspendre le permis jusqu'à six mois, même sans aucune autre infraction.

La mesure a d'abord été testée localement. Les Landes ont ouvert la voie en novembre 2025, suivies d'une vingtaine de départements. Le 29 septembre 2026, une instruction du ministère de l'Intérieur a invité tous les préfets de France à l'appliquer.

Un second mécanisme existe depuis 2020. Le téléphone combiné à une autre infraction autorise la rétention du permis sur-le-champ. Les forces de l'ordre le gardent alors pendant 72 heures.

Les sanctions prévues pour le téléphone au volant

L'article R412-6-1 du code de la route pose une règle simple : l'usage d'un téléphone tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation est interdit. Trois sanctions peuvent découler de cette seule infraction.

Une amende de 135 euros

L'usage du téléphone constitue une contravention de 4e classe. Le montant varie selon la date du paiement.

Situation

Montant

Amende minorée, sous 15 jours

90 €

Amende forfaitaire, sous 45 jours

135 €

Amende majorée, au-delà de 45 jours

375 €

Maximum devant le tribunal

750 €

Le télépaiement allonge chaque échéance de 15 jours. Le tarif réduit reste ainsi accessible pendant 30 jours.

Un retrait de 3 points

Le paiement de l'amende entraîne automatiquement le retrait de 3 points. Pour un jeune conducteur en permis probatoire, la perte déclenche aussi l'envoi d'une lettre 48N et un stage obligatoire.

Une suspension judiciaire jusqu'à trois ans

Le décret du 18 mai 2020, entré en vigueur le 22 mai, a ajouté une peine complémentaire. Le juge peut prononcer une suspension du permis de trois ans au maximum. Elle peut être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle.

Ce qui est interdit, ce qui reste autorisé

L'interdiction vise le téléphone tenu en main. Un téléphone rangé dans la poche d'un jean ou posé sur un support fixe ne pose aucun problème. Le kit mains libres intégré au véhicule et le haut-parleur restent autorisés.

Les écouteurs, oreillettes et casques sont en revanche interdits depuis le 1er juillet 2015, avec la même sanction. Autre point méconnu : l'arrêt moteur ne suffit pas. Pour la Cour de cassation, le véhicule doit être garé sur une place de stationnement. L'arrêt sur la bande d'arrêt d'urgence après une panne est aussi admis.

Les départements qui suspendent le permis pour téléphone au volant

La suspension pour simple usage du téléphone ne repose sur aucune loi nouvelle. Elle s'appuie sur l'article L224-7 du code de la route. Ce texte autorise le préfet à suspendre un permis dès qu'une infraction est passible d'une suspension judiciaire. Certains préfets ont décidé d'utiliser ce levier de manière systématique.

Les départements pionniers

Le risque justifie cette fermeté. Selon la Sécurité routière, téléphoner multiplie par 3 le risque d'accident. Lire un message le multiplie par 23.

Les Landes ont lancé le dispositif en novembre 2025. Le ministère de l'Intérieur y recense 300 permis suspendus en trois mois. L'utilisation du téléphone au volant y aurait reculé de 12 %. Le Lot-et-Garonne et le Pas-de-Calais ont suivi au début de l'année 2026.

En Charente-Maritime, la préfecture a d'abord envoyé des courriers d'avertissement en avril 2026. Les suspensions ont démarré le 1er mai. Le téléphone y était impliqué dans 7 des 45 décès routiers de 2025.

La liste des départements engagés avant la généralisation

Le mouvement s'est accéléré au printemps et à l'été 2026, sur fond de hausse des infractions. L'ONISR en a relevé 695 360 en 2025 pour usage du téléphone ou d'oreillettes. La hausse atteint 6,7 % en un an. Les durées appliquées varient d'une préfecture à l'autre.

Département

Depuis

Durée annoncée

Landes (40)

Novembre 2025

Jusqu'à 6 mois

Lot-et-Garonne (47)

Début 2026

Jusqu'à 6 mois

Pas-de-Calais (62)

Février 2026

Jusqu'à 2 mois

Charente-Maritime (17)

1er mai 2026

Jusqu'à 6 mois

Vaucluse (84)

Mi-mai 2026

Jusqu'à 6 mois

Ardèche (07)

1er juin 2026

Jusqu'à 1 mois

La Réunion (974)

1er juin 2026

Jusqu'à 28 jours

Deux-Sèvres (79)

15 juin 2026

Jusqu'à 15 jours

Eure-et-Loir (28)

3 juillet 2026

1 mois, 2 mois en récidive

Indre-et-Loire (37)

24 juillet 2026

1 mois, 2 mois en récidive

Haute-Loire (43)

1er août 2026

15 jours à 6 mois

Yonne (89)

1er août 2026

1 mois, 2 mois en récidive

Drôme (26)

1er septembre 2026

Jusqu'à 3 mois en récidive

Puy-de-Dôme (63)

1er septembre 2026

15 jours à plusieurs mois

En Indre-et-Loire, la durée double aussi pour les permis probatoires et les professionnels de la route. Le préfet de Haute-Loire, Yvan Cordier, a justifié la mesure par un chiffre : 42 % des accidents du département seraient dus à l'inattention.

Une mesure désormais ouverte dans toute la France

L'instruction du 29 septembre 2026 change l'échelle. Elle porte la signature du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et de la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne. Tous les préfets sont invités à recourir à cette suspension. Aucun département n'est donc exclu par principe.

La liste ci-dessus n'a plus valeur de frontière. Un conducteur français contrôlé n'importe où sur le territoire peut désormais voir son permis suspendu pour cette seule infraction. Le rythme de mise en œuvre dépend toutefois de chaque préfecture.

Retrait, rétention, suspension : trois notions différentes

Le langage courant parle de « retrait de permis » pour tout. Juridiquement, trois mécanismes distincts coexistent, et leurs effets ne se confondent pas.

Le retrait de points

Le retrait porte sur le capital de points, pas sur le titre lui-même. Il intervient une fois l'infraction établie, après paiement de l'amende ou condamnation. Le permis reste valide tant que le solde n'atteint pas zéro.

La rétention immédiate de 72 heures

Depuis le décret de mai 2020, les forces de police et de gendarmerie peuvent retenir le permis sur place. Une condition s'impose : le téléphone doit être associé à une autre infraction relevée au même moment. La liste des infractions concernées est longue : excès de vitesse, feu rouge grillé, ligne continue franchie, refus de priorité à un piéton.

Un simple flash de radar automatique ne suffit pas. Le conducteur doit être intercepté. Le préfet dispose ensuite de 72 heures pour prononcer une suspension, limitée à six mois.

La suspension administrative sans autre infraction

C'est le dispositif étendu par l'instruction de septembre 2026. Le téléphone seul suffit, sans infraction associée. Aucune rétention n'a lieu au bord de la route : le préfet décide après réception du procès-verbal.

Mécanisme

Déclencheur

Qui décide

Durée maximale

Retrait de points

Infraction établie

Automatique

3 points

Rétention puis suspension

Téléphone + autre infraction

Police, puis préfet

6 mois

Suspension administrative

Téléphone seul

Préfet

6 mois

Suspension judiciaire

Téléphone seul ou associé

Juge

3 ans

Procédure et durée de la suspension

La suspension administrative suit un déroulé précis. Ses étapes ouvrent aussi des droits au conducteur concerné.

Une procédure contradictoire préalable

Le Conseil d'État l'a rappelé dans une décision du 24 mai 2024. Une suspension fondée sur l'article L224-7 exige en principe une procédure contradictoire. Le préfet informe le conducteur de la mesure envisagée et lui laisse la possibilité de présenter ses observations.

Seule exception : un risque grave pour le conducteur ou pour autrui en cas de délai. Les préfectures appliquent donc la mesure plusieurs jours ou semaines après l'infraction, une fois l'arrêté notifié.

Une durée fixée au cas par cas

L'instruction ministérielle retient une fourchette de 15 jours à 6 mois. Les préfets tiennent compte des circonstances et des antécédents du conducteur. Dans les départements pionniers, la durée la plus fréquente était de 15 jours.

Les facteurs aggravants reviennent d'une préfecture à l'autre : récidive, permis probatoire, conduite professionnelle, présence de passagers ou situation d'accident.

Les conséquences pratiques

Une suspension de plus d'un mois impose un contrôle médical avant de reprendre le volant. Au-delà de six mois, les tests psychotechniques du permis s'ajoutent à la visite médicale.

Conduire malgré la mesure constitue un délit puni de 2 ans de prison et 4 500 euros d'amende. L'assureur doit par ailleurs être informé dans les 15 jours. Pour lever un doute sur son statut, plusieurs moyens permettent de savoir si son permis est suspendu.

Contester une suspension pour téléphone au volant

Deux décisions distinctes peuvent être contestées : l'amende, devant le juge pénal, et la suspension, devant le juge administratif. Les délais diffèrent.

Les observations pendant la phase contradictoire

Le premier levier intervient avant même l'arrêté. Le conducteur peut faire valoir sa situation par écrit : contexte de l'infraction, absence d'antécédent, besoin du permis pour travailler. Ces éléments pèsent sur la durée retenue.

Les recours contre l'arrêté de suspension

Un recours gracieux auprès du préfet reste possible. Le recours contentieux se dépose devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois suivant la notification.

Ce recours ne suspend pas la mesure. Le référé-suspension permet d'obtenir une décision rapide, à deux conditions : une situation d'urgence et un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté. L'absence de procédure contradictoire constitue l'un des moyens les plus fréquemment invoqués.

La contestation de l'amende

L'avis de contravention se conteste dans les 45 jours, auprès de l'officier du ministère public. Le paiement vaut reconnaissance de l'infraction et entraîne le retrait des points. La contestation impose en principe une consignation égale au montant de l'amende.

Une relaxe devant le juge pénal fragilise la suspension préfectorale, puisque l'infraction qui la fonde disparaît. La suspension du permis de conduire obéit en effet à des règles de procédure strictes. Chaque étape peut faire l'objet d'une vérification.

Perrier Elise

Directrice Générale

Directrice Générale d'AAC Groupe, spécialisée dans l'audit des aptitudes et du comportement. Je dirige une équipe dédiée aux tests psychotechniques, bilans neuropsychologiques et évaluations pour les conducteurs, collectivités et entreprises à travers la France.

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