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Restitution de permis après visite médicale : délais et procédure

Dossier de restitution de permis après visite médicale

La restitution du permis après visite médicale prend en moyenne 6 à 12 semaines. Le compte court de la prise de rendez-vous à la réception du nouveau titre. La procédure suit un ordre imposé. Pour les suspensions de 6 mois ou plus, le test psychotechnique vient en premier. Place ensuite à la visite devant un médecin agréé ou la commission médicale primaire. La demande de fabrication sur l'ANTS clôture le parcours. Attention : l'avis favorable ne suffit pas à reprendre le volant. Seule la réception du titre, ou de l'Attestation de Droits à Conduire Sécurisée, rétablit ce droit. Détail des délais et de chaque étape ci-dessous.

La visite médicale, étape obligatoire avant restitution

D'après les articles R. 221-13 et R. 221-14-1 du code de la route, le permis reste suspendu tant que l'avis médical d'aptitude n'a pas été rendu. Tant qu'il manque, la sanction se prolonge automatiquement, même au-delà de la durée prononcée par le préfet ou le juge.

Le contrôle médical devient obligatoire dans plusieurs configurations :

Pour les suspensions de un mois ou moins, hors infractions alcool ou stupéfiants, aucun contrôle médical n'a lieu. Le permis se récupère alors directement à la fin de la période d'interdiction. À noter : pour une suspension de 6 mois ou plus, un test psychotechnique précède obligatoirement la visite médicale. L'article R. 224-21 du code de la route fixe cette obligation. Ce test, d'une durée minimale de 40 minutes, coûte environ 100 €. Sa validité est limitée à 6 mois pour pouvoir présenter le résultat au médecin.

Délais à anticiper du rendez-vous à la réception du titre

Plusieurs délais s'enchaînent. Les anticiper évite de prolonger la période sans permis bien au-delà de la sanction prononcée.

Obtenir un rendez-vous médical

La prise de rendez-vous représente souvent le premier goulot d'étranglement. Selon les départements, l'attente varie de 3 à 6 semaines. Elle peut s'allonger dans les zones saturées comme l'Île-de-France ou les grandes métropoles. Les commissions médicales primaires en préfecture, obligatoires pour les infractions liées à l'alcool ou aux stupéfiants, affichent les délais les plus longs. L'administration recommande d'engager les démarches environ un mois avant la fin de la suspension. Cette information figure d'ailleurs au verso des arrêtés préfectoraux de suspension depuis avril 2019.

Traitement de la demande sur l'ANTS

Une fois l'avis favorable obtenu, la demande de fabrication du permis se fait exclusivement en ligne sur permisdeconduire.ants.gouv.fr. Une réponse ministérielle publiée au Journal Officiel du 10 juin 2025 livre les chiffres exacts. Au 4e trimestre 2024, le délai médian national d'instruction atteignait 11 jours, pour une moyenne de 16 jours. Ce chiffre cache de fortes disparités locales : 1 jour en médiane dans l'Ardèche, mais plusieurs semaines voire plusieurs mois dans certains CERT plus encombrés.

Fabrication et acheminement du titre

Après validation de la demande, le titre est fabriqué puis envoyé par lettre suivie. Il faut compter environ 15 jours entre le SMS de validation et la réception dans la boîte aux lettres.

Récapitulatif des délais

Étape Délai habituel
Test psychotechnique (si suspension ≥ 6 mois) 1 à 2 semaines pour obtenir un créneau
Rendez-vous médecin agréé ou commission 3 à 6 semaines
Instruction ANTS (médiane nationale Q4 2024) 11 jours
Fabrication et envoi du titre Environ 15 jours
Total cumulé moyen 6 à 12 semaines

La procédure pas à pas

L'ordre des étapes est imposé par la réglementation. Aucun raccourci possible : sauter une étape bloque les suivantes.

Le test psychotechnique, première marche pour les suspensions longues

Pour toute interdiction de conduire de 6 mois ou plus, le test psychotechnique précède la visite médicale. Il combine un entretien individuel avec un psychologue agréé et une série de tests informatisés. Ces derniers portent sur l'attention, la coordination, la perception et le temps de réaction. Le résultat reste valable 6 mois. Au-delà, il faut le repasser. La liste des psychologues déclarés est consultable sur le site de chaque préfecture.

Le passage devant le médecin agréé ou la commission

Deux interlocuteurs possibles selon l'infraction. Pour les excès de vitesse ou les infractions sans alcool ni stupéfiants, un médecin de ville agréé suffit. Le tarif s'élève à 36 €, à régler en consultation. Le médecin ne peut pas être le médecin traitant du conducteur. Pour les infractions liées à l'alcool ou aux stupéfiants, seule la commission médicale primaire est compétente. Elle siège en préfecture et facture 50 €, souvent en espèces ou par chèque.

Le contrôle porte sur l'aptitude physique, cognitive et sensorielle à conduire. En cas d'alcoolémie ou stupéfiants, un bilan sanguin de moins de 15 jours est demandé. Les analyses portent sur les enzymes hépatiques, gamma-GT et transaminases. La mesure du foie sert à détecter une consommation chronique. Une abstinence d'un mois avant la prise de sang améliore les marqueurs.

Les documents à présenter le jour de la visite :

L'avis médical remis à l'issue du contrôle doit être conservé. Il sera joint à la demande de fabrication sur l'ANTS.

La demande de fabrication sur l'ANTS

Avec un avis favorable, la suite se passe en ligne. Pour une suspension simple, le motif à cocher est « préparation du titre après suspension ». Pour une deuxième visite après permis provisoire, choisir « renouvellement du titre ». La confusion sur ce point est fréquente, et un mauvais motif retarde le dossier. Pièces à téléverser : avis médical scanné, photo aux normes ISO/IEC 19794-5, signature numérisée, justificatif d'identité, justificatif de domicile, et notification de fin de suspension.

Le cas de l'annulation ou de l'invalidation suit un autre chemin. Une simple demande de fabrication ne suffit pas. Le conducteur doit s'inscrire à nouveau au permis. L'épreuve théorique (code) est systématique. L'examen pratique s'ajoute pour les permis détenus depuis moins de 3 ans. Il est aussi exigé pour une interdiction de conduire d'un an ou plus. La démarche passe par une école de conduite ou se fait en candidat libre via l'ANTS.

Avis médical défavorable : les conséquences

Tout n'aboutit pas systématiquement à une restitution. Le médecin ou la commission peut rendre un avis défavorable si l'aptitude n'est pas démontrée. Les motifs varient : marqueurs sanguins préoccupants, doutes sur les capacités cognitives, examens complémentaires non transmis, absences répétées au rendez-vous. Dans ce cas, aucun permis n'est rendu. Une nouvelle convocation est fixée à une date ultérieure, souvent après plusieurs mois.

Autre possibilité fréquente : un avis favorable mais à durée limitée. La commission peut accorder un permis provisoire valable de 6 mois à 1 an. Une seconde visite médicale interviendra à l'issue pour confirmer ou non l'aptitude définitive. Cette précaution concerne surtout les infractions répétées ou les profils avec antécédents d'alcoolémie chronique.

En cas de désaccord avec la décision préfectorale, deux voies de recours existent. La première : demander un nouveau contrôle médical dans les 6 mois suivant la décision. La seconde : saisir le juge administratif.

Reprendre le volant : à partir de quand ?

Une confusion revient sans cesse : l'avis médical favorable n'autorise pas à conduire. Seule la réception physique du nouveau titre rétablit le droit de prendre le volant. L'Attestation de Droits à Conduire Sécurisée (ADCS) joue aussi ce rôle, à condition que la période d'interdiction soit terminée.

L'ADCS a remplacé l'ancien Relevé d'Information Restreint. Le décret n°2024-1075 du 27 novembre 2024, publié au Journal Officiel du 29 novembre, l'a instaurée. Elle est téléchargeable sur mespoints.permisdeconduire.gouv.fr dès validation de la demande par les services d'instruction. Sa validité court sur 4 mois, renouvelable. Les forces de l'ordre l'acceptent comme preuve de droit à conduire en cas de contrôle.

Conduire avant la réception effective du titre ou de l'ADCS expose à de lourdes sanctions. La peine atteint 2 ans de prison et 4 500 € d'amende pour conduite malgré suspension. L'assurance peut également refuser sa couverture en cas d'accident, avec des conséquences financières considérables pour le foyer entier. La période d'attente après l'avis favorable n'est donc pas un délai administratif anodin : elle conditionne la légalité de chaque trajet.

Perrier Elise

Directrice Générale

Directrice Générale d'AAC Groupe, spécialisée dans l'audit des aptitudes et du comportement. Je dirige une équipe dédiée aux tests psychotechniques, bilans neuropsychologiques et évaluations pour les conducteurs, collectivités et entreprises à travers la France.

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