Pendant la période probatoire, trois plafonds remplacent les limites habituelles hors agglomération : 110 km/h sur autoroute, 100 km/h sur les routes à chaussées séparées, 80 km/h partout ailleurs. En agglomération, rien ne change : 50 km/h.
Le barème des sanctions reste identique à celui des autres conducteurs. La différence tient au capital de points : 6 au départ, contre 12 pour un permis définitif. Un excès de 20 km/h ampute donc un tiers du solde.
Trois seuils structurent tout le reste. Un retrait de 3 points ou plus déclenche un stage obligatoire. Un solde à zéro entraîne l'invalidation du permis. Et une seule infraction avec retrait de points gèle la majoration annuelle jusqu'au terme de la période probatoire.
Ces limitations n'apparaissent sur aucun panneau. Elles se superposent à la signalisation, pendant 2 ou 3 ans selon la formation suivie. Le disque A, obligatoire à l'arrière du véhicule, sert justement à les signaler aux autres usagers.
L'article R413-5 du code de la route fixe trois plafonds, sans distinction entre conduite accompagnée et formation classique.
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Type de voie |
Conducteur confirmé |
Permis probatoire |
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Autoroute limitée à 130 km/h |
130 km/h |
110 km/h |
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Section d'autoroute limitée à 110 km/h |
110 km/h |
100 km/h |
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Route à 2 chaussées séparées par un terre-plein central |
110 km/h |
100 km/h |
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Route à 2 voies dans le même sens, hors agglomération |
90 km/h |
80 km/h |
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Route à double sens sans séparateur |
80 km/h |
80 km/h |
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Agglomération |
50 km/h |
50 km/h |
Un cas piège revient souvent : les départementales relevées à 90 km/h. Plusieurs départements ont utilisé cette faculté depuis 2019. Le panneau affiche alors 90, mais le plafond probatoire reste à 80 km/h. Le radar, lui, applique la limite propre au conducteur contrôlé.
Par temps de pluie, les limites générales baissent de 10 km/h et rejoignent souvent le régime probatoire. La logique ne varie jamais : la valeur la plus basse s'applique. Sur autoroute, les deux régimes se retrouvent ainsi à 110 km/h. En cas de visibilité inférieure à 50 mètres, brouillard dense ou fortes précipitations, la limite tombe à 50 km/h sur l'ensemble du réseau, pour tous les usagers.
Le régime vise tout élève conducteur et tout titulaire d'un permis pendant le délai probatoire. Une exception existe, prévue par l'article R413-6. Les conducteurs ayant récupéré un permis après annulation ou invalidation, sans repasser l'épreuve pratique, échappent aux vitesses abaissées. Le taux d'alcool réduit à 0,2 g/L continue en revanche de s'appliquer à leur situation.
Aucun barème distinct n'existe pour les jeunes conducteurs. Les amendes et les retraits sont identiques pour tous. L'écart se joue sur le poids relatif de chaque point perdu, et sur les obligations déclenchées au passage.
Le barème complet des excès de vitesse
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Dépassement constaté |
Nature |
Amende forfaitaire |
Points retirés |
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Moins de 5 km/h, limite supérieure à 50 km/h |
3e classe |
68 € |
0 |
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Moins de 5 km/h, limite de 50 km/h ou moins |
4e classe |
135 € |
0 |
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De 5 à 19 km/h, limite supérieure à 50 km/h |
3e classe |
68 € |
1 |
|
De 5 à 19 km/h, limite de 50 km/h ou moins |
4e classe |
135 € |
1 |
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De 20 à 29 km/h |
4e classe |
135 € |
2 |
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De 30 à 39 km/h |
4e classe |
135 € |
3 |
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De 40 à 49 km/h |
4e classe |
135 € |
4 |
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50 km/h et plus |
Délit |
300 € (forfaitaire délictuelle) |
6 |
À partir de 30 km/h de dépassement, des peines complémentaires s'ajoutent au tarif de base. Le juge peut prononcer une suspension du permis jusqu'à 3 ans, une interdiction de conduire certains véhicules et un stage de sensibilisation aux frais du conducteur. Sur un permis de première année, un excès de 40 km/h laisse 2 points au compteur.
La vitesse relevée n'est pas la vitesse retenue. Un radar fixe déduit 5 km/h jusqu'à 100 km/h, puis 5 % au-delà. Un contrôle mobile en mouvement retire 10 km/h, ou 10 % au-delà de 100 km/h.
Un relevé à 126 km/h sur autoroute donne donc environ 119 km/h retenus. Face au plafond probatoire de 110 km/h, l'excès s'établit à 9 km/h. Résultat : 68 € et 1 point. Le même relevé pour un conducteur confirmé ne donne aucune infraction.
Un retrait de 3 points ou plus pendant la période probatoire déclenche l'envoi d'une lettre 48N, en recommandé. Le compteur tourne alors : 4 mois à partir de la réception pour suivre un stage de sensibilisation en centre agréé.
Le stage dure deux jours consécutifs et rend jusqu'à 4 points, dans la limite du plafond du permis. Il n'y a pas d'examen final. L'amende peut ensuite être remboursée par le Trésor public du lieu de l'infraction, sur présentation de l'attestation.
Attention au calendrier. Un stage suivi avant réception du courrier ne compte pas au titre de l'obligation, et un second stage devient nécessaire, sans récupération de points cette fois. Passé les 4 mois, la sanction se durcit : amende de 135 € et suspension du permis jusqu'à 3 ans.
Depuis le 29 décembre 2025, un dépassement de 50 km/h ou plus n'est plus une contravention de 5e classe. Le décret n° 2025-1269 du 22 décembre 2025, pris en application de la loi du 9 juillet 2025 créant l'homicide routier, en fait un délit dès la première infraction.
Les peines encourues montent à 3 mois d'emprisonnement et 3 750 € d'amende, avec inscription au casier judiciaire. Une amende forfaitaire délictuelle de 300 € permet d'éviter le tribunal correctionnel. Le retrait de 6 points, lui, reste automatique. Pour un permis probatoire, ce seul dossier vide l'intégralité du capital de départ.
Le ministère de l'Intérieur a justifié la réforme par un constat chiffré : 63 217 excès de 50 km/h ou plus relevés en 2024, soit une hausse de 69 % par rapport à 2017.
Le solde atteint zéro, le permis perd sa validité. Le mécanisme est administratif et automatique, sans passage devant un juge. Avec 6 points au départ, un jeune conducteur atteint ce seuil bien plus vite qu'un titulaire de permis définitif.
L'invalidation est notifiée par une lettre recommandée 48SI. Le droit de conduire cesse dès la réception du courrier. Le permis doit être remis à la préfecture dans les 10 jours. Un refus expose à 2 ans d'emprisonnement et 4 500 € d'amende.
L'assureur auto doit également être prévenu, par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de 15 jours. Un recours reste ouvert auprès du ministère de l'Intérieur ou devant le juge administratif. Ce recours ne suspend pas la décision.
L'interdiction de conduire dure 6 mois, portée à 1 an en cas de seconde invalidation dans les 5 dernières années. Le délai démarre à la remise du permis au préfet. Plusieurs étapes se succèdent ensuite :
Le test psychotechnique dure au minimum 40 minutes. Il associe un entretien individuel à une ou plusieurs épreuves mesurant réflexes, attention et coordination. Son coût tourne autour de 100 €. Le contrôle médical revient à 36 € chez un médecin agréé, ou 50 € en commission départementale. L'avis délivré reste valable 2 ans. Ces deux démarches peuvent se dérouler avant la fin de la période d'interdiction.
Le contenu de l'examen dépend de l'ancienneté du permis au jour de l'invalidation. Au-delà de 3 ans, l'épreuve théorique seule suffit, sous conditions de délai. En dessous de 3 ans, la règle change : code et conduite, les deux épreuves, catégorie par catégorie.
Un permis probatoire invalidé relève presque toujours de ce second cas. Le titre délivré après réussite repart avec 6 points et une nouvelle période probatoire de 3 ans. Le compteur revient donc à son point de départ.
Voilà la règle la moins connue du permis probatoire, et la plus coûteuse sur la durée. La progression vers les 12 points n'a rien d'automatique. Elle repose sur une condition unique, posée par l'article R223-1 : aucune infraction avec retrait de points depuis le début de la période.
Le rythme normal de la majoration
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Formation suivie |
Durée probatoire |
Progression du capital |
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Conduite accompagnée (AAC) |
2 ans |
6 → 9 → 12 |
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AAC et formation complémentaire |
1 an et 6 mois |
6 → 9 → 12 |
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Formation classique |
3 ans |
6 → 8 → 10 → 12 |
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Classique et formation complémentaire |
2 ans |
6 → 8 → 12 |
La formation complémentaire se déroule entre le 6e et le 12e mois suivant l'obtention du permis. Elle dure une journée, dans une école titulaire du label qualité, et raccourcit la période probatoire de six mois ou d'un an selon le parcours initial.
La condition légale porte sur toute la période probatoire, pas sur la seule année écoulée. Une infraction commise au vingtième mois annule donc les majorations restantes. Le plafond se fige au niveau atteint avant le retrait.
Un exemple rend le mécanisme lisible. Un conducteur en formation classique démarre à 6 points, puis passe à 8 après douze mois sans incident. Un excès de 25 km/h lui retire 2 points en deuxième année. Son solde redescend à 6, et son plafond reste bloqué à 8 jusqu'au terme des trois ans.
Précision utile : la date retenue n'est pas celle du contrôle. Pour une amende forfaitaire, c'est la date d'enregistrement du paiement. Pour une contravention de 5e classe ou un délit, c'est la date du jugement définitif.
Le gel de la majoration ne ferme pas toutes les portes. Un retrait d'un seul point se récupère après 6 mois sans nouvelle infraction. Le stage de sensibilisation rend jusqu'à 4 points, une fois par an et un jour, dans la limite du plafond en vigueur.
À la fin de la période probatoire, le permis ne bascule pas d'office à 12 points. Deux voies existent : 2 ans sans infraction à compter du dernier retrait, ou 3 ans si ce retrait provient d'un délit ou d'une contravention de 4e ou 5e classe. La plupart des excès de vitesse relevant de la 4e classe, le délai de trois ans s'applique dans bien des dossiers. Le stage annuel reste l'alternative pour accélérer le mouvement.

Perrier Elise
Directrice Générale
Directrice Générale d'AAC Groupe, spécialisée dans l'audit des aptitudes et du comportement. Je dirige une équipe dédiée aux tests psychotechniques, bilans neuropsychologiques et évaluations pour les conducteurs, collectivités et entreprises à travers la France.