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Permis invalidé : quel temps d'attente avant de reconduire ?

Voitures garées sur le bord de la route

Le temps d'attente après une invalidation est de six mois. Il passe à un an en cas de seconde invalidation dans les cinq années précédentes. Ce délai est fixé par l'article L223-5 du code de la route.

Le point de départ surprend beaucoup de conducteurs. Le compte à rebours ne démarre pas à la réception de la lettre 48SI. Il démarre le jour de la remise du titre à la préfecture. Un permis laissé dans un tiroir bloque donc la procédure pour une durée indéfinie.

Ce délai n'impose pas l'inaction. Visite médicale, tests psychotechniques et inscription à l'examen du code se préparent pendant cette période. Prendre le volant, en revanche, reste un délit puni de 2 ans de prison et 4 500 euros d'amende.

Le délai d'interdiction de conduire

L'invalidation retire le droit de conduire, sans le retirer définitivement. La loi impose une durée d'attente avant toute nouvelle demande. Sa longueur dépend d'un seul critère : l'existence ou non d'une invalidation antérieure récente.

Six mois dans le cas général

La règle de principe fixe l'interdiction à six mois. Elle couvre la grande majorité des dossiers. La nature des infractions ayant vidé le capital de points ne change rien. Un excès de vitesse répété ou un usage du téléphone au volant aboutissent au même délai.

Cette durée concerne l'interdiction de solliciter un nouveau titre. Elle ne se confond pas avec le temps nécessaire pour repasser les épreuves, souvent plus long en pratique.

Un an en cas de nouvelle invalidation

Le délai double pour les conducteurs déjà passés par cette étape. La condition tient en une phrase : une précédente invalidation survenue dans les cinq ans. L'interdiction atteint alors un an.

Situation

Durée d'interdiction

Première invalidation

6 mois

Nouvelle invalidation dans les 5 ans

1 an

Cette distinction pèse aussi sur les épreuves à repasser, comme détaillé plus bas. Un délai d'un an ferme en effet la porte à la dispense d'examen pratique.

La portée réelle de l'interdiction

Toute conduite d'un véhicule soumis à permis devient un délit dès la notification. L'article L224-16 du code de la route prévoit 2 ans d'emprisonnement et 4 500 euros d'amende. Le juge peut y ajouter la confiscation du véhicule et une interdiction de repasser le permis pendant trois ans.

La question de la voiturette revient souvent. La catégorie AM figure sur le titre invalidé, ce qui rend son maintien discutable. Les conducteurs nés avant le 1er janvier 1988 font exception. Rouler en quadricycle léger ne leur impose pas cette catégorie.

Point de départ du délai d'interdiction

Voilà le point qui fait perdre des mois à des milliers de conducteurs chaque année. La date qui compte n'est pas celle qu'on imagine. Une confusion sur ce point retarde mécaniquement le retour à la conduite.

La remise du permis, pas la lettre 48SI

La lettre 48SI notifie la décision d'invalidation. Elle ouvre un délai de dix jours pour rapporter le titre à la préfecture ou à la sous-préfecture. Le délai d'interdiction, lui, court à compter de cette remise effective.

Prenons un conducteur notifié le 5 mars. Il restitue son permis le 5 juin. Le droit de solliciter un nouveau titre lui revient le 5 décembre, et non le 5 septembre. Trois mois d'attente perdus, sans aucune contrepartie.

Le récépissé, seule preuve du point de départ

La préfecture délivre un document lors de la restitution, le récépissé de référence 44. Ce papier atteste la date de remise. Il conditionne toute la suite de la procédure administrative.

Ce récépissé sert également de justificatif auprès de l'auto-école et lors du dépôt du dossier de retour au permis. Sa perte complique la reconstitution du calendrier.

Le permis non restitué, un délai qui ne démarre jamais

Garder le titre n'annule pas l'invalidation. La décision produit ses effets dès sa notification, indépendamment de toute restitution. Deux conséquences se cumulent alors.

Le compte à rebours des six mois reste à zéro, sans limite de temps. Le refus de restituer constitue par ailleurs une infraction distincte, punie des mêmes peines que la conduite malgré invalidation.

Ce qu'il est possible de faire pendant le délai

Cette période n'est pas du temps mort. L'administration autorise l'accomplissement des formalités médicales et l'inscription aux épreuves. Anticiper évite d'ajouter plusieurs mois de démarches aux six mois légaux.

Les tests psychotechniques et la visite médicale

Deux examens conditionnent le retour au permis. Les tests psychotechniques se déroulent devant un psychologue agréé par la préfecture. Ils durent entre 45 minutes et 2 heures et associent un entretien individuel à des épreuves sur ordinateur.

La visite médicale intervient ensuite, devant un médecin agréé. L'ordre compte : le médecin doit disposer des résultats avant de rendre son avis. Ce point fait l'objet d'un éclairage détaillé sur l'ordre entre tests psychotechniques et visite médicale.

Les frais restent à la charge du conducteur. Il faut compter 75 à 140 euros pour les tests psychotechniques du permis, sans remboursement possible.

La validité de six mois, un piège de calendrier

Les résultats des tests psychotechniques sont valables six mois sur tout le territoire. L'arrêté du 26 août 2016 fixe cette durée. Elle coïncide exactement avec le délai d'interdiction le plus courant.

Passer les tests le lendemain de la restitution expose à une péremption. Les résultats arrivent périmés au moment du dépôt du dossier. Un second passage devient alors nécessaire, aux frais du conducteur. Le calendrier mérite une vraie attention.

Contester la décision 48SI

Un recours reste ouvert pendant deux mois à compter de la notification. Il se dirige vers le tribunal administratif, éventuellement précédé d'un recours gracieux auprès du ministre de l'Intérieur.

Les moyens portent le plus souvent sur un défaut d'information préalable lors des infractions ayant retiré les points. Une annulation de la décision efface l'invalidation et restitue les points concernés.

Épreuves à repasser

Le retour au permis passe par un examen, jamais par une simple restitution du titre. Son contenu varie selon le profil du conducteur. Trois conditions déterminent l'étendue de l'épreuve.

Code seul ou code et conduite

L'article R224-20 du code de la route pose une dispense d'examen pratique. Elle suppose la réunion de trois éléments au même moment :

Les conducteurs remplissant ces trois conditions repassent uniquement l'épreuve théorique, autrement dit le code. Les autres affrontent le code et la conduite. Un jeune conducteur en période probatoire relève systématiquement du second cas.

Profil

Épreuves

Permis détenu depuis 3 ans ou plus, inscription sous 9 mois

Code seul

Permis probatoire ou inscription tardive

Code et conduite

Le délai de neuf mois, à ne pas laisser filer

Ce compteur démarre lui aussi à la remise du permis à la préfecture. Il se superpose donc au délai d'interdiction, sans s'y ajouter. Six mois d'attente laissent trois mois utiles pour s'inscrire à l'examen théorique.

Dépasser cette échéance coûte cher. La dispense tombe, et l'épreuve pratique redevient obligatoire avec les heures de conduite associées. La logique est proche de celle applicable pour repasser son permis après une annulation.

L'inscription à l'épreuve théorique reste possible dès la restitution du titre. Réussir le code pendant le délai d'interdiction ne rend pas le droit de conduire pour autant. La délivrance du nouveau titre attend l'expiration complète de la période.

Un nouveau permis probatoire à six points

Le titre délivré à l'issue de la procédure n'est pas l'ancien permis. Il s'agit d'un permis probatoire doté de six points. Le capital remonte à douze points après trois années sans infraction, au rythme de deux points par an.

Les règles applicables aux conducteurs novices reprennent leur place. Vitesses maximales abaissées et disque A à l'arrière du véhicule accompagnent cette nouvelle période probatoire.

Perrier Elise

Directrice Générale

Directrice Générale d'AAC Groupe, spécialisée dans l'audit des aptitudes et du comportement. Je dirige une équipe dédiée aux tests psychotechniques, bilans neuropsychologiques et évaluations pour les conducteurs, collectivités et entreprises à travers la France.

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